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Anne-Sophie Thelisson

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2 min.

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18 novembre 2021

Les experts de l’ESDES Lyon Business School sont regroupés au sein de l’Institute Of Sustainable Business and Organizations (ISBO). Leurs travaux de recherche portent tous sur les enjeux du management responsable sous le prisme de la responsabilité sociétale des entreprises, de la finance et gouvernance des organisations, de l’économie et du management des innovations durables, perspectives du consommateur et du marché.

Une fusion-acquisition sur deux échoue dans sa création de valeur deux ans après la signature de l’opération. Des entreprises ont recours à des « managers d’interfaces » pour porter la responsabilité de la gestion opérationnelle de l’intégration post-fusion. Ces acteurs, en tant qu’individus positionnés aux frontières des deux entités, sont amenés à gérer la relation inter-organisationnelle. Décryptage.


Les « managers d’interface » permettent d’associer un visage aux frontières de systèmes en contact. Il existe cinq rôles associés aux managers d’interfaces.

  • Assurer la fonction de transaction en s’engageant personnellement dans l’échange des connaissances à travers les frontières internes.
  • Une activité de lien : le manager d’interfaces doit être capable de se déconnecter de ses liens précédents et créer des liens à travers les frontières internes en usant de son réseau personnel.
  • Un rôle de facilitation : il doit fluidifier les transactions au travers des frontières internes en soutenant les autres acteurs organisationnels dans leurs interactions, en devenant par exemple un canal d’information entre deux groupes.
  • Un rôle d’intervention : il doit agir afin de créer des retombées positives en résolvant les incompréhensions et en contribuant à la construction de la confiance entre les groupes.
  • Un rôle d’optimisation : il devient acteur du changement, à l’initiative pour l’orientation des décisions stratégiques majeures de l’organisation.

Les managers d’interfaces sont indispensables à la phase d’intégration car ils permettent d’atteindre une intégration d’égal-à-égal où les compétences et valeurs des deux entités se combinent. Parfois, certains acteurs qui n’étaient pas formellement des managers d’interfaces, le sont devenus, par nécessité, à un moment crucial de l’intégration. L’attribution des cinq missions peut être confiée à une ou plusieurs personnes à différents moments du processus de rapprochement entre deux entités. Les différentes missions peuvent être endossées par des personnes issues de l’entité absorbante ou absorbée, de façon conjointe (pour avoir un point de vue global), à différents moments de l’intégration post-fusion. Le fait d’inclure ces rôles dans les fiches de missions des acteurs permet de remettre en question le modèle d’intégration établi, et d’assurer le management responsable du processus d’intégration. Rappelons que ces moments sont des phases clés pour le futur de l’organisation. Une intégration mal orchestrée peut avoir des répercussions importantes sur la motivation des équipes, le sentiment d’appartenance des individus, et donc sur la performance directe de l’organisation.


Anne-Sophie THELISSON, docteure en sciences de gestion, enseignante Chercheuse à ESDES Lyon Business School.

THELISSON Anne sophie

 

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